Patricia et Cyril viennent de franchir la frontiere Bolivienne et laissent derriere eux un long ruban de route parsemé de souvenirs, d' impressions et d'anecdotes...

Pour compléter leur carnet de route, et répondre à notre curiosité, nous leur avons demandé de répondre à certaines de nos questions :

1-Quel est votre budget moyen par jour au Pérou ? Le Pérou est-il un pays plus cher que l'Equateur ?

Nous n avons malheureusement pas tenu nos comptes, mais nous pouvons vous donner un aperçu du coût de la vie avec quelques prix de produits de base :
Au Pérou, -le kilo de riz est a 1.8 Soles = 0.54 Euros,
-le litre d essence a 2.5 Soles = 0.76 Euros,
-le menu de midi(hors grande ville), avec une soupe, un plat de résistance et une boisson est a 2.5 Soles = 0.76 Euros,
-la nuit dans un hotel basique, chambre double avec douche sur palier aux alentours de 15 Soles = 4.57 Euros.

En Equateur, -le prix moyen du repas de midi etait de 1.5 Dollars = 1.6 Euros,
-le prix des chambres d hotel a confort identique : 8 Dollars = 8.53 Euros

La différence est importante pour le logement, mais moins sensible pour la nourriture. Néanmoins, notre budget final du Pérou est certainement plus élevé que celui de l'Equateur, car nous avons passé plus de nuits a l'hôtel (à cause de l'immobilisation due a ma fracture!) et été plus souvent dans les restaurants sympas...

Les produits typiquement occidentaux (style Coca, paquets de gâteaux, lingettes...), sont quant à eux aux mêmes tarifs que ceux pratiqués en France.
Ça augmente d'autant le budget, mais parfois un retour aux sources n'a pas de prix vu l'impact qu'il a sur le moral! Il n'y a pas que les économies, il faut aussi savoir se faire plaisir!


2-Combien d'autres cyclo randonneurs avez-vous croisés sur la route, et y a t'il des astuces matériels qui vous ont épatées ?

A Huancayo, nous avons fait la connaissance de Franck, un cyclo Allemand en solo. Depuis nous le recroisons dans chaque grandes villes étape. Il y a deux jours, nous l'avons à nouveau rencontré par hasard dans La Paz, mais a partir de maintenant nos routes vont diverger: il préfère se diriger vers le Brésil car il souffre trop du froid et du temps instable auquel nous avons droit en cemoment dans la Cordillère.

A Ayacucho, nous avons croisé Alvaro Neil, un cycloclown espagnol. C'est un gars au grand cœur qui s'offre un tour de l'Amérique du sud en ayant pour but de faire rêver le maximum d'enfants grâce à son talent de clown. Nous avons assisté à son spectacle et sommes tombés sous le charme de sa bonne humeur !
(pour info l'adresse de son site est www.cycloclown.com).

Grâce a Internet nous avons aussi eu des contacts avec d autres cyclos qui circulent sur les mêmes routes dans un sens ou dans l autre, alors, nous nous attendons a tout moment à d'autres rencontres sympathiques et chaleureuses.
La plus proche et celle que nous espérons depuis bien longtemps, est maintenantcelle avec 2 cyclos francais: Eric et Hélène, que nous attendons de pied ferme pour parcourir avec eux les magnifiques paysages de Bolivie. Nous leur préparons un petit périple, qui nous l'espérons, leur laissera un souvenir mémorable et leur permettra de goûter, en l'espace de leur 3 semaines de vacances, a cette vie particulière de cyclo-trotter.

Au niveau des échanges de trucs et astuces, nous avons pris a Anja et Daniel (rencontres en Equateur) leur truc sur le chiffon qui sert a essuyer la tente le matin avant de la replier, l'astuce sur les sachets de sauce déshydratée pour agrémenter nos plats de riz et l'idée des flocons d avoine pour le petit déjeuner. Alvaro Neil nous a parlé de l'utilité d'une bouteille thermos dans les régions froides. Cela permet de boire un bon thé chaud a tout moment, et la
démarche de demande d'eau chaude auprès des locaux peut éventuellement amener à une invitation. On testera peut-être plus tard !


3-En camping sauvage, ou en vélo, avez vous été ennuyés par des bêtes ?

Les bêtes qui nous ont le plus embêtées, sont finalement les moins exceptionnelles. Je pense en premier aux chiens qui nous courent après à la moindre occasion (Cela dit en passant, on est maintenant des pros pour les faire déguerpir. Il suffit de leur foncer dessus ou de s'arrêter et de leur proposer un combat frontal. Les chiens sont très peureux et partent aussi vite
qu ils sont venus, un peu vexés quand même de ne pas nous avoir impressionné !).
En second, ce sont les moustiques qui sont les plus désagréables. Ils profitent du moindre moment d'inattention pour nous piquer. Néanmoins, depuis que nous sommes en altitude (au dessus de 3000m) on en voit beaucoup moins.

Les bêtes plus originales, comme les renards des sables, les mygales, les lamas ou plus simplement les vaches, les cochons, les dindons, les coqs ou les moutons, n'ont fait que croiser notre chemin, nous offrant l'opportunité d une belle photo.
Seul peut-être le renard des sables a provoqué notre méfiance. Cela s'est passé dans le désert du Sechura alors que nous avions planté notre camp a la nuit. En balayant les alentours, le faisceau de notre lampe torche a allume deux yeux en amande. Petit moment de doute, la bestiole ne semblait pas du tout effrayée. Allait-elle profiter de notre sommeil pour nous dévorer tout cru ?
Finalement non, pas d'histoires croustillantes a l'issue de cette rencontre. Le lendemain nous n'en avons même pas vu les traces, mais nous avons imaginé qu'il
s'agissait d un simple renard !

 

4-Peut-on camper aussi facilement au Pérou qu'en Equateur ?

Le Pérou a des zones de densité de population plus élevée que l'Equateur. Aussi nous avons dû demander trois fois l'hospitalité pour planter notre tente dans un jardin. La premier fois dans le désert, la deuxième, dans la Cordillère Blanche , et la troisième, sur l'altiplano en direction de Puno.
Toutes les autres nuits, nous avons trouvé des lieux plus ou moins paradisiaques.
Le dernier en date, particulièrement exceptionnel, était sur les rives du lac Titicaca. Pour vous en donner une idée, imaginez une berge d'herbe rase protégée de la route par un haut talus planté d'arbres et une vue sur un lac aussi grand qu une mer et entouré de montagnes enneigées. Ajoutez à cela les bruits des canards sauvages qui plongent, s'ébattent ou s'envolent et ceux des sauts des poissons et des clapotis sur les coques des barques amarrées... C'était sensationnel!

La plupart du temps les sites sont un peu plus simples, mais toujours avec un détail particulièrement appréciable : l'odeur d'une plante ou d'un arbre très agréable, un tapis d'herbe, une source à proximité, une belle vue...
Quelques fois seulement, nous avons dû nous contenter d un bout de terrain caillouteux et penché. Ces nuits la, nous passons un peu de notre sommeil à remonter dans le sac de couchage pour éviter de finir la nuit l'un sur l'autre contre une paroi de la tente !


5-Quel est votre meilleur souvenir du Pérou ?

Le Pérou restera pour moi un pays de contrastes. J y ai de nombreux souvenirs très agréables, mais également d'autres bien moins appréciables.
Elire le meilleur souvenir n'est pas facile car j ai beaucoup aimé la rencontre avec Pepe et Maricela, la soirée chez Paula et Nancho, les couleurs sur la route entre Huancayo et Ayacucho, le trek et la "decouverte" des sites incas non encore exploites entre Choquequirao et le Machu Picchu et l'entrée méritée sur le site du Machu Picchu.
Des moments très différents mais qui m'ont chacun apporté joie, réconfort et bien-etre.


6-Votre plus mauvais souvenir ?

Les moments moins agréables qui me restent encore en mémoire sont bien sur le vol de nos sacoches avant de vélo, la découverte de ma fracture de la main, mon intoxication alimentaire sur le trajet Cuzco-Puno et le caractère bien trempé des Péruviens. Leur arrogance les amène à nous traiter de "gringos" a tout bout de champ, nous faisant bien sentir la barrière qui existe entre nos deux mondes. Je les ai, au final, trouvés moins accueillants et gentlemen que les Equatoriens. Pourtant, leur pays est certainement pus beau et plus varié...


7-Où en est votre Espagnol ?

Personnellement, je tiens un langage très basique qui me permet de demander a peu près tout ce que je veux (faut pas être trop exigeante quand même!). La compréhension est meilleure que mon parler et s'étend a toute conversation sur la pluie et le beau temps sans termes techniques.
Hier nous sommes allés assister a une représentation des "Misérables" a LA PAZ.
J'ai été agréablement surprise de tout ce que j'ai pu comprendre des paroles en espagnol. Evidemment, le fait de connaître l'histoire aide beaucoup.
Nous avons aussi vu "Star Wars", en anglais sous-titre en espagnol. Au cours du film, les sous-titres m'ont parfois aidé à comprendre l'anglais!
Le plus marrant, est certainement quand je discute avec un touriste. J'emploie alors un mélange d'anglais et d'espagnol qui au final donne a entendre un charabia assez comique. Mais je me fais comprendre!


8-Quel est l'état de votre matériel après 2 mois et demi de voyage et 2400 kilomètres à vélo ?

Les velos tiennent plutôt bien le choc: Cyril les a déjà nettoyés, démontés et révisés deux fois.
Quelques détails quand même :
-Les chaînes nous font toujours avancer même s il faut les huiler tous les deux
jours.
-Les jantes et patins de freins sont en particulièrement bon état malgré les montées et descentes encaissées (normal, on descend a fond!).
-Nous n avons pas eu de crevaisons, si ce n est les deux premières dues à de la limaille de fer ramenée du garage de Survilliers.
-Seule ma béquille s'est cassée après trois semaines, et depuis je suis a la recherche de support a chacun de nos arrets.
-Le porte-bagage avant de Cyril est un peu tordu depuis sa chute.
-Mon garde-boue arrière a une courbure bien particulière, mais remplit encore sa fonction.
-Une vis de fixation de mon porte-bagage arrière demande une surveillance de tout moment car elle cède quand il y a trop de vibrations. Nous avons maintenant acheté un stock de vis de rechange pour éviter de se retrouver en rade !
-Les mousses de fixation des guidons commencent a se tasser.
-Les proteges-selle ne protégent plus grand chose mais donnent un look bien baroud a nos vélos.

Concernant l'équipement:
-Les sacoches sont toujours en aussi bon etat malgré les averses essuyées et les mauvais traitements subis.
-Le réchaud nous apporte quotidiennement réconfort même s'il est de plus en plus déglingué et cabossé.
-le matelas de sol de Cyril est HS depuis un mois. Il ressemble, quand on le gonfle, a un ballon de baudruche, ce qui n'est pas vraiment adapte pour s'allonger dessus. Cyril s'en sert donc seulement comme couche isolante avec le sol.
-Les duvets nous tiennent chauds quelques soient les conditions extérieures. En revanche ils s'imprègnent jours après jours de nos odeurs de baroudeurs!
-La tente est une vraie petite maison spacieuse et fonctionnelle.

Au niveau des vêtements :
-Les chaussures "gore-tex" n en ont plus que l'étiquette mais sont de bonnes baskets. On vous passe quand même les détails quand le soir, dans la tente, on se déchausse...
-Les T-Shirt, aux couleurs initialement chatoyantes, sont complètement fânés dans le dos à cause du soleil.
-Les polaires, vestes Gore-tex et pantalons Gore-tex sont extras. Nous ne regrettons absolument pas leurs achats.
-Nos pantalons de trek qu on porte au quotidien, montrent des marques d'usure au niveau des fesses. Plus exactement a l'endroit ou ils frottent sur la selle... Ma mission est de les faire réparer tant que nous sommes sur La Paz.

Quant à nous, après tant de kilomètres parcourus, nous nous sommes un peu affinés (Cyril plus que moi, mais il faut dire qu il porte plus!), musclés au niveau des bras et des cuisses et avons gagnés pas mal de globules rouges. En bref, c est la grande forme!