Le 24 janvier
Melchor de Mencos - Cotton Tree (Belize)

« Quelle fut ma surprise lorsqu'en me présentant en Espagnol à la douane Belizienne le fonctionnaire me répondît en anglais. Mais oui j'avais oublié, ici on parle anglais, et plus couramment le Créole anglais (incompréhensible bien évidemment). Une fois tout réglé, j'ose demander de quel côté de la route nous devons rouler: "On the right side, of course!".
Même si les gens n'ont pas l'air de rouler sur l'or, le pays semble bien développé. La grande majorité des maisons sont en briques et ciment. Les plus anciennes sont sur pilotis et en bois. Pour la première fois depuis Panama City, nous apercevons des éboueurs. Et petit détail amusant, les pelouses des jardins sont taillées à la mode anglaise. Rien de tel pour nous rappeler que le pays a fait partie de l'empire britannique jusqu'en 1981.
Le type ethnique change radicalement des Mayas guatémaltèques. Les gens sont dans l'ensemble noir, tendance Rasta. Certaines coupes de cheveux nous rappellent Jimmy Hendrix ou Bob Marley. Les jeunes portent des habits très amples et déambulent nonchalamment sur le bord des routes. Chaque fois qu'on en croise un, il nous salue d'un "Hey, my friend"... de vrais peace and love. »

Le 25 janvier
Cotton Tree - Belize City

« Côté parcours, l'intérêt est limité. Platitude totale à végétation courte. Les marais avoisinants ont dû rendre impossible l'exploitation des lieux. »

« La ville de Belize City grouille de monde. Chacun tente de faire du business pour vivre: vendeurs ambulants, dealers de drogues en tout genre... Les élections nationales étant dans un mois et demi, des murs d'enceintes retransmettent les discours des leaders politiques. Cela semble captiver les passants. Certains même écoutent les discours à la radio. Leur sens politique semble bien plus développé que chez nous!
L'aspect des tenues vestimentaires me rappelle le Brooklyn new-yorkais. Autour de nous on parle Créole, Anglais ou Espagnol. Pour la deuxième fois un Rasta en vélo nous aborde pour nous proposer de la drogue. Gentil dans un premier temps, il deviendra insistant puis insultant voyant notre refus d'acheter. (Cette expérience se répétera dés lors très régulièrement.) »

« Nous avons pris la décision de partir aujourd'hui même sur le paradis qu'est l'île de Caye Caulker. C'est un lieu très touristique mais également splendide et reposant: rien de mieux avant de partir pour Cuba. Nous organiserons la suite de notre voyage de là-bas. La barrière de corail y est gigantesque. les raies, requins et poissons en tout genre sont un spectacle à ne pas louper. »

Les 26 et 27 janvier
Ile de Caye Caulker

« Suite à une mauvaise organisation de l’agence de plongée, voilà que le bateau excursion est parti sans nous attendre. Dommage, le temps était idéal pour l’exploration des fonds… Heureusement, un pêcheur de langoustes, traînant sur le ponton, n’attendait qu’une opportunité comme la notre pour rentabiliser sa sortie de pêche. Affaire conclue, il nous emmène sur les sites de plongée et il en profitera pour pêcher, s’il le souhaite, le trésor des mers.
D’une façon presque aussi romantique qu’à Venise, nous nous retrouvons tous les deux, en amoureux, sur une barque au beau milieu du lagon bleu turquoise quand les autres touristes s’entassent les uns sur les autres jusqu’à occuper la capacité maximale du bateau. Néanmoins, si notre chauffeur a tenté de nous fredonner un « O sole mio », le vrombissement du moteur s’est chargé de le couvrir…
Arrivés sur le site je saute à l’eau, armée de mon masque, tuba et palmes. Nous n’avons pas besoin de combinaison, l’eau est trop chaude…Le sable est blanc et la visibilité très bonne. Au bout de quelques brasses, qu’aperçois-je ? Des raies, au moins 6 ou 7, et parmi elles un…euh…oui je crois bien que c’est un requin ! Houla, brasse en arrière, (tiens c’est marrant, je ne savais pas que c’était faisable !). Mais où est donc Cyril ? Encore sur le bateau ?
« Cyril, dépêches toi, c’est super, y’a des requins ! (gloups, et moi, je suis toute seule dans l’eau…) »
Accompagnée de mon sauveur, nous nous approchons plus près du groupe de raies. Elles sont quasiment apprivoisées, un plongeur est en train de leur donner à manger. Elles dansent autour de lui en un ballet très resserré, il est obligé de les repousser. Nous en profitons pour les caresser : elles sont douces, leur peau est glissante comme une peau savonnée. Leur nage est majestueuse et élégante. Elles sont inoffensives, il faut seulement éviter de toucher leur dard en bout de queue. Les requins nourrices sont également inoffensifs, mais nettement moins charmeurs. Ils se sont éloignés dès l’arrivée des autres plongeurs. On peut les voir au loin, zigzaguer à la manière très reconnaissable de leur espèce. De temps en temps ils se rapprochent et passent vite près de nous, nous laissant le temps de croire à un mauvais film d’horreur…
Le spectacle est tellement saisissant que les minutes s’écoulent sans que l’on s’en aperçoive.
De son côté, notre capitaine n’a pas perdu son temps. Une fois remontés sur le bateau, nous pouvons compter 4 belles langoustes qu’il nous dit avoir décidé de se cuisiner pour le soir. On aurait bien aimé être de la partie ! »

Le 28 janvier
Caye Caulker - Belize City – Chetumal (Mexique) – Cancun (Mexique)

« Nous quittons notre petit paradis tropical pour poursuivre vers Cuba. Les liaisons ne sont pas évidentes et il nous faut d’abord rejoindre Cancun au Mexique pour prendre l’avion vers La Havane. Le transfert dure environ 10 heures. Le Mexique nous semble plus riche et plus cher que les autres pays d’Amérique Centrale. A Cancun, ville touristique, l’auberge de jeunesse coûte 30 euros pour deux, mais en contre-partie on trouve, dans les magasins, plus de produits occidentaux, notamment des laitages. »

Le 29 janvier
Cancun (Mexique)

« Empaquetage des vélos, en vue du vol vers Cuba. Nous avions ramené les cartons de Belize City, le scotch et la ficelle ont été faciles à trouver sur place. L’opération nous prendra quand même presque toute la journée.
Dans les rues, des sombreros et des filles qui proposent de faire des tresses mexicaines. Il y a beaucoup de touristes. Nous préférons nous offrir un cinéma pour la fin de soirée « Attrapes moi si tu peux » avec Di Caprio. C’est pas mal et distrayant ! »